Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
C’est une joie naturelle et justifiée pour tout Béninois, en l’occurrence le chef de l’Etat que le Bénin dispose d’une loi contre la corruption et les infractions connexes. Mais cette joie s’émousse pour certains acteurs de la société civile tels que le président de l’Observatoire de lutte contre la corruption Jean-Baptiste Elias, le président de Alcrer Martin Assogba et l’ex coordonnatrice de la cellule de la moralisation de la vie publique Anne Adjai Cica. D’abord pour Jean-Baptiste Elias, c’est mettre l’Autorité nationale de lutte contre la corruption sous la présidence du chef de l’Etat constitue un péché. Anne Adjai Cica, en se basant sur la cellule de la moralisation de la vie publique renchérit que c’est un piège. Elle cite à propos la convention internationale des Nations Unies qui met l’accent sur l’indépendance de toute structure de lutte contre la corruption. Ensuite, le porte parole du Fonac va poursuivre que la loi a été muette sur la représentativité de l’autorité. Pour la simple raison, que cette loi ne précise pas à quelle enseigne va-t-on loger celui qui aura les rênes de l’Autorité. Enfin, c’est encore l’Exécutif qui tient les cordons de la bourse de l’Autorité.
Le point de départ
Sur ce, il serait difficile à l’Autorité d’avoir les coudées franches pour être opérationnelle. Somme toute, les trois acteurs proposent dans que la prise des décrets d’application, il faille associer les compétences nécessaires pour éviter le moindre grain de sable dans le moulin de la lutte contre la corruption. Aussi, proposent-ils, puisqu’un décret est moins qu’une loi, que les députés amendent encore certaines dispositions de la loi contre la corruption. Même s’ils sont loin d’être pessimistes, ils sont néanmoins dubitatifs sur certains bords. Tout, par contre n’est pas mauvais dans la loi votée contre la corruption.
Pour Anne Adjai Cica, la loi en elle-même est un instrument de prévention et de répression des infractions. Tout citoyen va désormais réfléchir avant de poser quelque pas pour peu que la loi existe maintenant. Elle ajoute aussi que la sécurité juridique et judiciaire des investissements est désormais garantie par l’existence de cette loi. Car, plus les investisseurs peuvent se targuer de bénéficier d’une protection en matière de leurs initiatives. Anne Adjai Cica conclut que sur le plan international, le Bénin peut désormais bénéficier des effets de la double incrimination pour le rapatriement de l’avoir.
Les trois acteurs estiment que la société civile n’a pas besoin d’être embrigadée dans une structure affiliée à l’Etat pour lutter efficacement contre la corruption. Et mieux, la lutte contre la corruption appelle plus la volonté des uns et des autres et non des nominations pour récompenser les partisans du prince. A ce titre, la société civile salue le courage des députés de la 6ème législature pour avoir après 5 ans voté la loi attendue de tous. Mais en tant que St Thomas, ils attendent le contenu des décrets d’application.
Charles YANSUNNU
Source: http://www.fraternite-info.com